jeu.

07

juil.

2011

21 août 17h18, Escartons

Le chemin

 

Le chemin s'étire déjà loin derrière nous. Je me souviens des premières semaines. Seul le coca autrichien nous faisait avaler les cols… Je construisais alors ma bulle de l'instant présent, fragile cocon que je déplaçais comme une carapace sécurisante. Ne considérer que le mètre devant moi, coloré aux couleurs des pierres du chemins, des fleurs qui le bordent; lui seul existe. Plus loin est flou, gris, incertain et peurs mêlées.

 

Aujourd'hui, cheminer est devenu notre mode de vie. 1000 mètres de dénivelé? 1000 mètres de dénivelé! On ne (ré)fléchit plus, on avance.

 

De mètre en mètre, j'ai coloré le chemin; l'incertain s'amenuise. Je commence à croire que la mer n'est plus très loin.

 

 

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Commentaires : 3
  • #1

    Thierry (père de Guillaume, admirateur d'Uschka) (jeudi, 07 juillet 2011 23:02)

    Quel plaisir, à la fin d'une journée (stressante) ordinaire, de rêver grâce à la découverte de vos superbes photos et des belles expériences et ambiances que vos textes évoquent. Que du bonheur et une grande envie de partir pour vivre au moins une petite partie de votre beau parcours. Le plus difficile de votre exercice est peut-être comme le voyage une certaine discipline pour tenir la distance et le rythme de ces évocations: si ça peut vous encourager, sachez qu'elle n'est pas vaine pour mes rêves des nuits à venir (posté à 23h). A bientôt,

  • #2

    vialpe (jeudi, 07 juillet 2011 23:40)

    Merci ! pour le message et les encouragements ;-) Pour le voyage, il n'y avait pas de discipline, les mètres s'enchaînaient aux mètres, les campements venaient avec les nuits. La difficulté, la seule, c'est de quitter Vilvoorde ;-). Ici, on verra, c'est l'envie qui tire en avant, qui fait sortir les matières à transmettre. Et les messages et commentaires font les envies. On arrêtera bientôt le temps de repatir en montagne entre le 20 juillet et le 20 août. Mais sûr que l'on reviendra vite. Anne & Geoffroy

  • #3

    Eric Allaer (samedi, 09 juillet 2011 16:27)

    "C'est l'imprévu qui fait l'excitation du voyage à pied, et c'est s'abandonner à lui qui transforme parfois un aléa en douceur, une avanie en félicité, au point qu'il est alors possible de gouter la sérendipité, ce bonheur que l'on ne cherchait pas mais qui est donné à l'improviste et de surcroît" Emeric Fisset, L'ivresse de la marche. Ed. Transboréal, 2009