jeu.

09

juin

2011

29 août 8:02, Lac longet, haute Ubaye

Viso

 

Hier soir, je regardais le Viso prendre des poses. Comme un vieil ami dont on veut garder le portrait.

 

D’abord doucement, il change de couleur, de tonalité, de profondeur. Puis, plus vite, jusqu’à cet embrasement final du sommet qui vascille et s'éteint comme se souffle une bougie.


Je m’endors pensant que les pierres bougent. Pensant qu’il n’y a pas, jamais, une image, un instant, qui soit semblable, identique au précédant. Impermanence, merveilleuse impermanence qui ouvre à la multitude infinie des dimensions de l’instant.

 

Et la chance d’en être.


Au levé, un instant, le vent suspend son souffle. Le lac lissé disparaît comme un miroir s’efface sous l’image qu’il crée. Le Viso se dédouble en une lame parfaite.  Il n’y a plus de pierre, ni d’air, ni d’eau: tout est lumière.

 

La montagne n’est que lumière, impermanente et dédoublée.

 

Croire en la permanence et la concrétude des choses,

est-ce fuir le reflet vivant de sa propre impermanence ?

 

 


Écrire commentaire

Commentaires : 4
  • #1

    sonia.haibe@scarlet.be (samedi, 25 juin 2011 20:03)

    no comment....juste trop beau!!!!!et dire qu'il y en a pour dire que ce n'est pas une bonne thérapie!!!!ceux-là devraient revoir les justes valeurs de la"vie"

  • #2

    Paul Verstraeten (dimanche, 26 juin 2011 11:22)

    C'est clair et transparent: "C'est quand nous entrons au coeur de l'instant que nous avons quelques chances de goûter à ce quelque chose qui a parfum d'éternité".
    Mais qu'est ce que j'aimerais savoir écrire comme vous...
    Merci,

    Paul

  • #3

    gilberte (mercredi, 06 juillet 2011 21:30)

    je retrouve les belles photos vues au parcours, Ah oui..la marche que de souvenirs

  • #4

    gilberte (mercredi, 06 juillet 2011 21:33)

    je retrouve les belles photos vues au parcours. Ah oui..la marche que de souvenirs
    on y avance physiquement mais aussi dans sa tête