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27

sept.

2011

4 juillet 16:20, Alpes Carniques

Andiamo !

Le départ est lent ce matin.

 

Flânerie au soleil. Café sur une terrasse, ou chocolat chaud. Station vide au milieu des deux semaines de traversée des Carniques, Nasfeld n'a pourtant rien pour nous retenir. Hypnose des choses vides... il y a un certain confort à n'être confronté à rien.

 

On part alors que le soleil est déjà haut. On s'élève sous les remonte-pentes inutiles. En croisant la piste de luge d'été, Niels veut descendre et remonter mécanique. On hésite, on refuse, envie d'avancer maintenant. On lui promet trois descentes et remontées à Fontgillarde, plus tard, plus loin.  Lui croyait que ces trois mois de marche, c'était prendre le temps pour soi, le temps de s'amuser. On hoche la tête. On repart.

 

On aurait manqué la rencontre, plus haut, de cet archéologue italien. Pour nous, il déniche des silex, des cristaux de roche et puis des traces de la Grande guerre. Il fait revivre les soldats italiens embusqués l'hiver dans des tranchées à plus de 2000 mètres d'altitude, tout au long des crêtes. Grattant la terre, il retrouve les cendres de leurs feux. On parle de Berlusconi, du désastre pour la culture et la science italienne, des moyens coupés pour l'archéologie. 

 

Andiamo !  L'orage approche, il ne faut pas tarder à passer la falaise. L'archéologue nous rassure: Tutto bueno. Lui redescend. Il nous offre un fossile et emporte le petit cristal de roche, "pour le musée" dit-il en s'éloignant.

 

L'orage nous rejoindra sur la falaise, violent. Veste, housse de sac, on baisse la tête et on avance. Passé le col, on est de l'autre côté de l'orage. Accalmie, soleil, la montagne scintille de cette lumière d'après l'orage, dense. On se dévêtit et étale tout à sécher, le temps d'un goûter.