lun.

21

nov.

2011

17 juillet 18:35, Dolomites de Sexten

Tête éclairice

 

J'étais partie avec des promesses plein la tête, d'écrire, de réfléchir, de questionner, de répondre surtout… Et rien de tout cela.

 

Au fil des jours, ma tête se faisait plus vide. Plus de repère, que les balises du chemin. Plus d'identité, que la mienne, sans artifice, sans miroir aussi. Mais plus, davantage, de réalité, celle du chemin et celle de mon être chaussé de godasses qui s'y appuie et s'y propulse. Une expérience de réalité renouvellée tout au long de la journée et de jour en jour.

 

J'avance sur le sentier. J'existe parce que j'avance sur le sentier. Simplement parce que j'avance sur le sentier. Et dans ma tête, rien d'autre que cette réalité-là, le souffle du vent, un brin d'herbe improbable entre deux pierres, un rai de lumière, l'appel d'une marmotte…

 

Tout est là. Et le soir venu, fermant les yeux, c'est dans son corps que le marcheur au long cours ressent sa journée de marche. Dans sa tête, c'est le vide… le vide apaisant d'une certitude muette. Celui qui marche la journée et devenu sûr le soir.