14 septembre 9:32, Roya

Villages de frontière

 

Olivetta. Petit village italien. Abrite-t-il une terrasse de café ou est-ce la terrasse du café qui abrite le village? J'hésite encore. Tous y passent et tout s'y passe. A la fois cour de récréation, parking, scène de spectacle, lieu de rendez-vous, salle d'attente du médecin, salle de réunion, l'espresso, très ristretto, y coûte moins d'un euro.

 

J'y ai vu une gamine avec de petites soquettes blanches, un monsieur à la chemise rose, deux mamas et la marmaille, deux hommes en salopette débordant de leur minuscule camionette à trois roues, le médecin arrivant avec sa sacoche, trois jeunes touristes allemands, des gamins rouler à vélo, un chien qui siestait dans une auto, une serveuse de café, les cris des uns hélant les autres et dans le ciel, trois circaètes…

 

Le matin même, nous avions cherché abri dans un village français, de l'autre côté de l'oliveraie. Là, les maisons étaient proprettes. Là, les rues étaient désertes. Point de café. Là, il pleuvait des cordes et même l'église nous restait fermée. Sous le porche, une plaque gravée, signée du Général vainqueur, exigeait le retour de ces villages à la France.