3 septembre 15:54, Argentera

La botte de l'Italie, gorgée de pluie

 

 

 

 

Niels décrète que ce ruisseau ressemble à l'Italie.

 

Et c'est vrai que le flot s'y engorge comme les Alpes se glissent dans la botte. Et juste avant, la plaine du Pô se lisse. C'est précisément la carte laissée sur la porte des toilettes, à la maison. Pendant des mois, nous y avons anticipé le chemin. Nous projetant dans chaque massif, imaginant les vallées, les longueurs, les reliefs.

 

Un trait rouge y court. Tracé d'Est en Ouest, il joint l'Adriatique à la Méditerrannée, la Slovénie à la Provence. Immanquablement, il me fait penser au contour d'un brocoli. Bientôt trois mois que nous suivons ce trait de brocoli, le délaissant parfois, sautant des bouts, le recroisant plus loin.  Il a toujours été là, qui nous attend, à la maison.

 

Quand Niels joyeux, découvre l'Italie, nous sentons tous, sans le dire, qu'il y a là plus qu'une carte. Comme toutes les cartes, celle-ci porte en elle les rêves du flot qui la dessine. Nous repartons légers. Le chemin descend. Il suit le ruisseau qui, déjà, devient torrent.