Le massif du Thabor

Ici commencent à s'empiler les regards plus anciens qui concernent notre avancée à travers le massif du Thabor.

 

 

jeu.

09

févr.

2012

19 août 20:15, Thabor

Benjamin

 

Une heure déjà que Jephan est parti.

 

On a monté les tentes en contrebas de la cabane du berger. Puis Jephan est parti. Il veut aider le berger à descendre les moutons. "Prends ta veste rouge, le soir ne va pas tarder." Je le suis des yeux. Il monte jusqu'à la cabane, en fait le tour. Je le vois repartir, plus haut, droit devant lui. Petit point rouge qui disparaît dans la pente. 

 

Plus d'une heure déjà que, couchée dans la tente, je peins la vallée. Le soir arrive. Je scrute la montagne.

 

Soudain, je les vois. Ils sont des centaines à onduler, neigeux. Derrière, plus haut, je distingue une petite boule rouge aux côtés d'une silhouette, plus grande, plus sombre. Tous dégringolent la montagne. Joyeux.

 

 

 

sam.

08

oct.

2011

17 août 17:45, massif du Thabor

Sur le fil

 

Dans un mois, heure pour heure, nous arriverons à Bruxelles. Le train est déjà réservé. Le retour est inévitable.

 

"Je n'ai pas envie que ce soit fini". C'est ce que j'écris dans mon carnet ce soir-là.

 

Je vois le chemin parcouru, maigre fil d'Ariane qui serpente derrière moi jusqu'à l'Adriatique. De part et d'autre, les Alpes sont si vastes. Je devine le chemin encore à parcourir jusqu'à la Méditerranée. De part et d'autre, les Alpes sont si vastes. Je suis à la rencontre de ces chemins et j'aimerais qu'ils n'aient pas de fin. 

 

Comme Thoreau, "je fais mien ce que je vois", le dehors rencontre le dedans et l'espace s'agrandit. Et dans cet espace, j'écoute le vent caresser le roc, l'herbe qui ploie et la Terre qui tient bon sous mon pas.

 


 

 

dim.

04

sept.

2011

19 août 11:33, Massif du Mont Thabor

Le rythme du Samulnori

Le chemin est caillouteux. L'enfant marche. Ses chevilles se tordent. Ses bottines heurtent les pierres. Il avance vite. Il s'est donné un rythme, une chanson qu'il martèle dans sa tête et il force ses jambes à la suivre, kung ta ta kung ta ta kung ta ta kung ta ta. Pour occuper ses yeux, il se concentre sur les pierres qui manquent au chemin, les quelques pierres déssillées dont l'empreinte marque encore le sentier. Il avance, vite.

 

 

0 commentaires